L’Octogone des poètes

Quand :
16 juillet 2020 @ 20 h 00 min – 22 h 00 min
2020-07-16T20:00:00+02:00
2020-07-16T22:00:00+02:00
Où :
Divanoo
Contact :
MAILTO:noreply@facebookmail.com

Nous étions nombreux
A nous retrouver
Jeudi dernier
À partir de 20 heures
Sur la terrasse du Divanoo
Pour y faire vivre
Une fois encore
L’Octogone des poètes

Nous pourrions bien sûr
Être encore un peu plus nombreux
Mais ce n’est pas le plus important
Je ne sais pas ce qui est le plus important
Sinon que vous veniez
Que nous nous retrouvions
Nous aurons alors
Toujours quelque chose à nous dire
Et nous en ferons
Nous le dirons
De façon
À ce que ce soit
De la poésie

Il y a plus de deux ans et demi maintenant
C’était la première fois que nous étions ici
Certains d’entre vous sont toujours là
Ils l’ont déjà entendu
J’avais écrit
Et vous avais ensuite dit :

Que lorsque pour la première fois L’Octogone des poètes avait eu lieu, au tout début, nous n’étions pas aussi nombreux que nous aurions aimé. Des sièges et des coussins étaient vides quand nous avons commencé. Pas de la façon dont nous l’avions prévue, Temenuzhka et moi.

Cette première fois que je relate-là, la toute première fois que nous nous étions retrouvés, ce n’était pas encore ici mais sous le kiosque du parc de Contades. Nous y retournerons sans doute bientôt. Il était déjà tel : « un théâtre, et une scène et un parterre de poètes, d’amoureuses et d’amoureux qui s’écoutent, scénographie émoustillante, sonorités chaudes et boisées, métal inerte qui résonnait en silence sous la voute tout ouverte qui les laissait s’échapper. » Vous avais-je encore dit.
Ça n’avait été que trois mois plus tard, à l’automne, que Didier, que nous avions rencontré par hasard ce tout premier soir, nous avait introduit ici, Temenuzhka et moi, pour nous y présenter Raimund qui avait sans condition accepté que nous fassions vivre ici cette scène ouverte de poésie.
Nous avions un peu peur Temenuzhka et moi
Je vous l’écrivais quelquefois
Que vous ne soyez plus là
Quelquefois nous étions bien peu
Et même une fois
Nous n’étions que trois
Mais la vie ne s’en démentait pas
Elle ne s’en est jamais démentie
Vous êtes toujours là
Même si vous n’êtes plus les mêmes
Certains ne sont venus qu’une fois
Certains sont peut-être là pour la première fois
Et j’espère que vous reviendrez
Je suis sûr que d’autres reviendront
Je sais que d’autres encore viendront
Et que parmi eux certains reviendront
Alors peut-être que nos craintes à Temenuzhka et à moi
N’étaient pas fondées
Je ne sais pas lesquelles
Le sont réellement

A quoi bon craindre que nous n’ayons plus rien à nous dire
Ou que ce que nous nous disions perde de sa poésie
Ces craintes ont-elles la moindre consistance
La poésie peut-elle réellement s’éteindre
Je ne pense pas
Je ne crois pas
Je pressens
Je sais
Que nous ne saurons jamais
Car tant qu’elles ne se sont pas réalisées
Nous ne pouvons pas savoir
Si nos craintes sont fondées
Or un jour la poésie est née
En vous, en moi, en d’autres avant
Et ce toujours plus d’une fois
Et à ce que l’on sait
Elle ne s’est pas éteinte
Nous ne sommes pas nés
Ou si nous sommes nés
Nous sommes alors nés
Au sein d’une continuité
Infiniment ramifiée
Eparse, étendue, diverse et vivace
En laquelle la poésie est innée
Elle serait alors née avec l’humanité
Et persisterait alors en elle

Et si l’essentiel alors
Si le plus important
N’est pas que nous nous retrouvions
Je ne sais pas alors
Ce que pourrait-être l’essentiel ou le plus important
Que la poésie ne s’éteigne pas pour que l’humanité ne s’éteigne pas
Ou que l’humanité ne s’éteigne pas pour que la poésie ne s’éteigne pas
Que la vie consciente d’elle-même ne se démente pas
Et soit toujours capable de se réinventer autrement

Ce pourrait alors être
Que persiste cette magie
Qui émane de nos vies
Lorsqu’elles se retrouvent
Pour se dire de la poésie

J’avais aussi écrit, après la toute première fois que nous nous étions retrouvés, et je vous l’avais ensuite dit ce premier soir ici :
Que certains d’entre vous avaient dit que ce soir-là, sous le kiosque dans le parc là-bas, ça avait été un peu magique.
Et j’avais aussi écrit que, depuis, d’autres en avait dit autant des soirées qui avaient suivis. J’avais alors encore écrit
Pourvu, faisons que ça le soit ici aussi !
Et ailleurs aussi ! Encore !

Et depuis nous l’avons fait ailleurs et j’ai encore écrit et vous ai dit : et bien alors faisons en sorte que ça puisse encore l’être, ici, maintenant et ailleurs et plus tard et partout.

Je crois, j’espère, je ressens, puis-je pressentir que nous y parvenons
Qu’en nous disant de la poésie, nous entretenons entre nous ce que nous pourrions appeler cette magie, ce miracle, que peut- être l’humanité lorsque la vie consciente d’elle-même se raconte, s’écoute, s’observe, s’émeut, doute, s’interrogent, se jauge, s’enorgueillit, exulte, se méfie, pleure, rit, s’ennuie, s’apprécie, s’énerve, s’excuse, s’exècre, s’apitoie, se renfrogne, se vexe, s’extasie, s’indiffère, se découvre, se redécouvre, se rebiffe, se comprend, s’accepte, s’aime, se réinvente avec le seul autre capable de faire de même au sein de tout ce qui lui offre pourtant toute cette innée poésie.

Alexandre Schmitt

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