Hors les murs : aux confins poétiques de la philosophie

Quand :
21 mars 2019 @ 17 h 00 min – 18 h 00 min
2019-03-21T17:00:00+00:00
2019-03-21T18:00:00+00:00
Où :
Observatoire astronomique de Strasbourg
Contact :
MAILTO:noreply@facebookmail.com

Conférence de Daniel Cassel

ATTENTION : Les inscriptions pour l’événement sont terminées.

« Les univers, les tracés d’étoiles ne sont que des accidents de l’éternelle nuit. S’ils ont, eux, une explication, le fond est inexplicable. Il est, ou : « Il y a l’être » (Parménide, fr. 6.1). Mais l’être est sans pourquoi ». Si la philosophie se définit par la pensée de l’être, ne doit-on pas, dans le sillage de ces mots écrits par Marcel Conche, comprendre la tâche du philosophe comme une confrontation avec cette part obscure du réel ; l’ « omne immensum » comme la nomme aussi, pris de vertige philosophique et poétique, Lucrèce. La pensée ne doit-elle pas conduire au-delà du strictement définissable, au-delà de l’essence ? Serait-ce la raison pour laquelle les penseurs présocratiques étaient aussi des poètes, recourant à la métaphore poétique non pour répondre à un défaut de maîtrise conceptuelle, mais reconnaissant en elle une insuffisance du concept lui-même à saisir la réalité dans son immensité éternelle ? C’est peut-être ce qu’avait entrevu Platon. Mais avec lui, le philosophe tourne le dos à cet abîme de l’être et revient « dans les murs ». Le poète sera exclu de la Cité idéale, la poésie mise à distance de la philosophie. Rien d’étonnant dès lors à ce que celle-ci devienne davantage l’expression d’un pouvoir que d’une puissance de révélation ontologique ; et le « beau » lui-même, fût-ce le beau poétique, une question de dialectique au lieu d’un surgissement lumineux d’une perfection dans l’être.

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